Textes

Nouvelle retenue pour figurer dans le recueil 2013 du Tour des Mots dans le cadre du  concours organisé par l'association de la Ferme des Jeux de Vaux-le-Pénil (77) - Thème :  extrait d'une lettre de Gustave Flaubert à Louise Colet (1853) : "Rien n'est sérieux en ce bas monde que le rire".

Un rire pour une vie

            Le temps presse. A l’aube, il sera trop tard. Au volant de mon bolide rougeoyant, je me faufile entre les véhicules qui n’avancent pas. A cette heure de la journée, la circulation est dense mais, dans leurs rétroviseurs, les gens me reconnaissent et se décalent sur le côté en me voyant approcher. J’accélère et poursuis ma route.
            A l’abri dans son caisson hermétique, calé sur mon dos, l’implant suit le mouvement. Je sens sa présence derrière moi, comme un compagnon de route que je dois mener à bon port. Il est précieux car de lui dépend la survie d’un humain.
            Bien avant ma naissance, et celle de mon père, et de mon grand-père, les gens ont été frappés par un mal étrange qu’aucun médecin ni scientifique n’a pu endiguer. « Le Fléau du Siècle », disent les anciens. Un fléau que personne n’a vu venir, pourtant il était facile à prévoir. L’angoisse, le stress, la solitude, la peur, toutes ces choses ne pouvaient aboutir qu’à ce résultat : la disparition du rire.
            A présent, sans l’implant, personne ne peut rire. Sans l’implant, personne ne peut vivre.
            Qu’est-ce que cela signifie ? Rien de moins que ceci : le rire n’est plus inné et doit être implanté si l’on ne veut pas mourir. Pourquoi ? Parce que sans rire, nulle joie de vivre, nulle santé mentale ou physique, nulle envie de perdurer.
            Le rire est devenu la chose la plus sérieuse qui soit en ce bas monde car, sans lui, c’est une mort précoce assurée.
            A côté de cela, une chose n’a pas changé au fil du temps : l’argent. Lui seul fait tourner le monde. L’implantation est onéreuse, alors le constat, bien qu’injuste, est simple, implacable : ceux qui n’ont pas d’argent ne peuvent espérer vivre longtemps. Du coup, la mort tend chaque jour ses bras glacés aux malheureux qui n’ont pu être implantés, tandis que les autres, plus chanceux, se voient draper, au lever d’un jour nouveau, d’une vie longue et heureuse.
            Toutefois, pour être efficace, l’implantation doit être effectuée dans la première année de vie de l’humain démuni. Et une fois choisi, l’implant, qui repose dans une boîte sans fioriture, à côté d’un millier d’autres semblables dissimulés en un lieu gardé secret, doit être inséré sans tarder.
            C’est là que j’interviens. Convoyeur de mon état, il me faut porter l’implant dans les plus brefs délais à son hôte. Un infime retard et tout le processus échoue. Parce que l’on a beau être riche et pouvoir s’offrir une belle et longue vie, l’accession au bonheur n’est pas sans limite. Un seul implant par humain, telle est la règle. Pourquoi ? Qu’est-ce que j’en sais ? Mon rôle se cantonne à transporter l’implant et l’idée ne m’est jamais venu de décortiquer les fondements de cette règle. En cela, je suppose que la justice reprend ses droits.
            Une chose est sûre : si je n’arrive pas à destination avant l’aube, j’aurai un mort sur la conscience.
            Le soleil amorce sa descente à l’horizon, baignant la route d’une lumière flamboyante qui m’aveugle. J’abaisse la visière teintée de mon casque intégral et accélère de plus belle. Le ciel s’embrase, le temps s’écoule. Le monde autour de moi semble figé tandis que je fonce sur la route incandescente.
            Mon bolide avale les kilomètres, les voitures se font plus rares, la circulation se fluidifie. La route est désormais à moi, longue et lisse, à l’aspect plus sombre à mesure que le soleil délaisse la Cité. Je relève ma visière teintée pour y voir plus clair. Pas d’imprudence. Ma mort entraînerait celle d’un autre. Je fonce dans le crépuscule, couché sur mon bolide pour éviter toute prise au vent qui pourrait me ralentir. La vitesse me grise, mes sens sont en éveil, mon corps ne fait qu’un avec la machine. L’implant repose au fond de mon sac, comme un caillou au fond d’un ruisseau. Patient, confiant, il sait qu’il ne craint rien et laisse le courant l’effleurer.
            Un sourire se dessine soudain sur mes lèvres. Je retiens le rire qui monte dans ma gorge. L’aube est encore loin, l’implant est tout près de son hôte.
            Ma mission, comme les précédentes, est accomplie.
            L’enfant va pouvoir rire. Il va pouvoir vivre.


Nouvelle qui fait partie de la sélection "coup de coeur" du jury de la médiathèque de le ville de Trets, dans le cadre du concours dont le thème était "de l'autre côté du miroir".


Les yeux sans tain

            On dit que les yeux sont le miroir de l’âme...Ouais, peut-être.
Une chose est sûre, c’est qu’ils devraient être le miroir du cerveau. De mon cerveau.
Parce qu’il est en parfait état de marche et que tout le monde s’en moque ! D’ailleurs, qui pourrait le savoir, hein ? Il est enfermé dans cette foutue boîte crânienne et moi avec !
C’est là où je suis. Dans une boîte sombre, coincé derrière deux globes vides, transparents, regardant les gens sans qu’ils le sachent…
Et pour cause, mes yeux ne reflètent plus rien, hormis les silhouettes de ceux qui s’approchent de moi chaque jour pour s’assurer que je respire encore.
Je suis prisonnier, enfermé derrière ce miroir oculaire sans tain comme le témoin qui tente d’identifier les suspects d’un meurtre sans crainte des représailles. Je vois mais ne peux être vu. Sauf que ce miroir-là ne m’apporte aucune sécurité. Au contraire, il m’étouffe, il m’aveugle même. Mes yeux sont si petits, mon champ de vision n’est pas assez large…

            Tous les matins, un médecin s’approche de mon visage, passe la main devant mes yeux, tente de créer un stimulus avec une petite lumière pour que mes pupilles réagissent puis recule, résigné. Il affirme que mes yeux ne bougent plus. Le miroir est voilé. Alors, je crie ! Je crie si fort que les mots dans ma tête pourraient briser ce miroir opaque…
Eh, vous m’entendez ? Je suis là, derrière ! Je vous vois, je vous comprends ! Regardez-moi, je suis bien vivant !

            J’ignore depuis combien de temps je suis dans cette chambre. Je ne sais même pas comment je suis arrivé là. Que s’est-il passé ? Je n’arrive pas à me rappeler…
Ma vision est limitée. Je ne peux pas bouger la tête. Je vois le mur en face de moi, blanc, nu. Ensuite, le pied de mon lit, puis la bosse que mes propres pieds forment sous la couverture. Blanche elle aussi. Tout est blanc. C’est affreux. Ma vision périphérique fonctionne mal. Tout à l’air flouté sur les côtés. Bon sang, qu’est-ce que je fais là ? Pas moyen de me rappeler…

            Il y a juste ce rêve bizarre qui revient chaque nuit. Je vois un homme…Il se dirige vers moi…Son bras est levé. Il est habillé de noir, le visage dissimulé par une cagoule. Pendant une brève seconde, je vois ses yeux...Bleus, froids. Enfoncés dans leur orbite. Il a aussi une espèce de cicatrice près de la paupière qui fait comme un bourrelet de chair. Ensuite, j’entends un bruit, toujours le même, puis c’est le noir complet. Je me réveille, en sueur et le cœur cognant dans ma poitrine. Je ne me souviens de rien d’autre, mais je suis sûr d’une chose. Si je suis là, c’est à cause de cet homme.

            La porte de ma chambre vient de s’ouvrir. Un médecin entre dans mon champ de vision. Ce n’est pas le même que d’habitude. Il n’est pas seul. Une femme est derrière lui. Je l’ai déjà vue. Je veux dire, dans cette chambre. Elle est déjà venue deux ou trois fois. Plutôt mignonne. Je ne sais pas qui elle est, mais elle me parle comme si on se connaissait. Ma femme ? Qu’est-ce que j’en sais ? Je n’ai aucun souvenir…
Elle semble inquiète. Le médecin lui parle.

- Nous avons fait tous les tests, attendu aussi longtemps que possible, il ne réagit toujours pas.
- Vous voulez dire que vous allez arrêter de le soigner ?
- Ce que je veux dire, c’est que votre mari ne sortira plus de cet état. A moins d’un miracle.

            C’est donc ma femme. Content de le savoir.

- N’y a-t-il vraiment aucun moyen de le ramener ?
- Je vous le répète, il faudrait un miracle. Cela fait un mois qu’il est comme ça, il n’y a plus rien à faire.

            Un mois ! Enfin des infos !

- Je veux juste être sûre qu’il n’y a pas d’autre solution. Comprenez-moi, il s’agit de mon mari…
- Je comprends. Cependant, il ne parle pas, ne répond jamais d’une façon ou d’une autre à un ordre précis…

            Bien sûr que je réponds mais personne ne m’entend !

- …et il ne présente aucun signe ferme de conscience de son environnement. Je n’ai décelé aucun mouvement oculaire, même lent, aucun mouvement de la bouche ou de la face, rien. Il ne réagit plus.
- Mais son cerveau est toujours intact…
- Oui, enfin d’une certaine façon. Les personnes qui, comme votre mari, sortent du coma dans cet état végétatif conservent effectivement une activité cérébrale préservant les fonctions vitales du corps : respiration, régulation thermique, fonctionnement du cœur, digestion. Mais, en réalité, les soins actuels se limitent à l’alimenter par sonde et à assurer sa toilette.

            Charmant ! Un légume, voilà ce que je suis !

- Il est vrai qu’il n’y a pas mort cérébrale, mais il n’a plus conscience de quoi que ce soit. Le maintenir en vie ne changera rien.

            Eh là…attendez ! Ça veut dire quoi « le maintenir en vie » ? Mais je suis vivant ! Regardez-moi ! Là, regardez mes yeux, bon sang ! Mon cerveau va bien ! Vous n’allez quand même pas me débrancher ?

- A vous de prendre la décision qui vous semble la plus…appropriée. De toute évidence, votre mari ne souffre pas. En outre, aucun matériel médical n’est vraiment nécessaire pour s’occuper d’un patient en état végétatif. Vous n’aurez donc aucun mal à prendre soin de lui. Il conviendra juste de faire bouger régulièrement le corps pour éviter les escarres.
- Pardon ? Je ne suis pas sûre de comprendre. Vous me suggérez de…le ramener chez moi ?
- Eh bien, étant donné le peu de soins que requiert ce genre de malade, certaines familles décident parfois d’accueillir chez eux un parent en état végétatif. Cela leur semble plus moral que de prendre l’autre décision. J’ai cru que vous désiriez faire ainsi…Bien entendu, rien ne vous y oblige. Seulement, il va falloir se décider rapidement.

            Le visage de la femme, enfin, de ma femme, est livide. On dirait que l’idée ne lui plaît pas. Pourtant, elle doit m’aimer, non ? Bon, d’accord, je ne me souviens pas d’elle, mais quand même ! Elle ne le sait pas. Allez chérie, prends la bonne décision, hein, ramène-moi chez nous…Ou que ce soit !
  
- Ecoutez docteur, je ne crois pas être en mesure de m’occuper de ce…de lui. C’est au-dessus de mes forces.
- Je comprends. Dans ce cas, nous allons prendre les dispositions qui s’imposent. Suivez-moi, j’ai plusieurs papiers à vous faire signer avant que l’on débranche votre mari.

            Quoi ? Je rêve ! Il parle de moi comme d’une machine bonne pour la casse ! Elle ne fonctionne plus ? Bah tiens, c’est pas grave, on la débranche et on s’en débarrasse ! Bon sang, prenez le temps de regarder mes yeux ! Ils doivent bien encore refléter un petit quelque chose, non ? Doit bien y avoir une lueur, même infime, qui scintille à l’intérieur ? J’ai quand même pas les yeux d’un poisson mort ! Je suis là, juste derrière !

            Eh, je distingue une silhouette… Là, à gauche ! Un médecin ? Une infirmière ?
Non, c’est ma femme qui revient. Salut chérie ! Je suis là, tu m’entends ? Regarde-moi !
Oui, c’est ça, passe ta main devant mes yeux…Là, tu vois ? J’ai contracté mes pupilles !

- Ouais, t’avais raison, c’est un vrai légume !

            C’est quoi cette voix ? Un homme ? Où est-il ?

- Dommage que je l’ai manqué, on aurait évité tous ces ennuis.

            Mais qu’est-ce qu’il raconte ce type ? Où est-ce qu’il est ? Approche un peu pour voir !

- Un mois qu’on s’inquiète à cause de cet abruti ! J’aurais jamais cru qu’un type pouvait avoir la tête aussi dure.
- T’en fais pas, c’est bientôt terminé. Heureusement qu’il n’est pas marié…Le médecin dit qu’il est fichu, on va le débrancher. Et comme je suis censée être sa femme, c’est moi qui décide…

            C’est quoi ce clin d’œil ? Mais à qui elle parle, bon sang ?

- De toute façon, il n’avait qu’à se mêler de ses affaires. Fallait pas nous regarder mettre le corps dans la voiture, hein chéri ?

            Un corps, mais quel corps ? C’est quoi toute cette histoire ? Je nage en plein délire ! J’ai rien vu, ni corps, ni voiture…Et apparemment, j’suis pas ton chéri !

- N’empêche, on a eu du bol que je l’aperçoive, sinon on serait déjà derrière les barreaux…
- T’as quand même eu du mal à le retrouver ! Une semaine pour découvrir où il habitait, c’est long !
- Eh, la ville est grande, ma puce, et fallait être discret.
- C’était avant qu’il fallait être discret.
- Oh, ferme-la ! Bon, on le débranche quand ?
- Calme-toi, le médecin va arriver dans une minute. J’ai signé tous les papiers. Une chance que personne d’autre ne l’ai cherché. Enfin, une chance pour nous, pas vrai mon chéri ?

            Arrête de m’appeler chéri, pétasse ! J’sais pas qui tu es mais effectivement t’es pas ma femme !

- Ouais ! Une vraie chance. Dommage quand même que ma batte de base-ball n’ait pas fait exploser son crâne tout de suite…Hein vieux ? Voilà ce que c’est d’être au mauvais endroit au mauvais moment. On s’attire des ennuis…

            Il s’approche…Je le vois qui s’approche…Hé, infirmière ! Au secours, aidez-moi ! Il est là, tout près, il se penche vers moi et…Oh mon Dieu !

- Eloigne-toi ! Si le médecin arrive, il va trouver ton attitude bizarre.

            C’est lui ! Les mêmes yeux, la cicatrice…C’est bien l’homme qui m’a tabassé !

- Bien, tout est en règle, nous allons donc procéder au…Tiens, qui êtes-vous ?
- Euh…C’est mon frère, docteur. Il est venu me soutenir en ce moment difficile.
- C’est une bonne chose. Vous êtes toujours sûre de votre décision ?
- Certaine. J’ai tellement de peine à le voir dans cet état. Ce serait purement égoïste de ma part que de vouloir le maintenir en vie…

            Egoïste, tu parles ! Elle veut se débarrasser de moi ! Eh doc, tu m’entends ? Elle veut me tuer ! Mais j’ai rien vu ! Je le jure !

- L’agression de votre mari a été très violente. Ce genre de coup reçu à la tête cause des dommages irréparables. C’est déjà extraordinaire qu’il soit sorti du coma. Vous n’avez pas à avoir de regret.
- Merci docteur.

            Non mais je rêve, elle pleure ! C’est de joie oui, espèce de garce !

- Je vais donc procéder au débranchement. Vous souhaitez l’embrasser une dernière fois ?

            La garce, elle ose s’approcher ! Non, ne me touche pas !

- Bien, reculez à présent. Vous êtes prête ?

            Mais bon sang, c’est pas moi qui vous ai vus ! Vous m’entendez ? C’est pas moi !
Eh, attendez une minute…Je me souviens maintenant ! Oui, c’est ça ! Vous vous êtes trompés de gars ! J’ai un frère ! Un frère jumeau ! C’est lui qui a dû…

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Nouvelle retenue pour figurer dans le recueil 2012 du Tour des Mots, concours organisé par l'association de la Ferme des Jeux de Vaux-le-Pénil (77) - Thème : "Migrations"


Le vieillard et l’enfant

- Où vas-tu ? demande l’enfant au vieillard.
- En un lieu que tu connaîtras un jour.
- Est-ce loin ?
- Je l’ignore.
- Quand reviendras-tu ?
- Pourquoi veux-tu que je revienne ?
- Si tu ne reviens pas, qui me racontera ce que tu as vu ?
Le vieillard ferme les yeux puis soupire.
- Je ne reviendrai pas.
- Alors ne pars pas, rétorque l’enfant, attristé.
- Je n’ai pas le choix.
L’enfant glisse sa main dans celle du vieillard.
- Eh bien, prends-le.
- Que veux-tu que je prenne, mon enfant ?
- Le choix.
Le vieillard sourit, amusé.
- Celui qui a le choix a aussi le tourment.
- Qu’est-ce que cela veut dire ?
- Qu’il est parfois plus aisé de se laisser porter que de lutter.
L’enfant fronce les sourcils, contrarié.
- Je n’aime pas ta réponse, elle est celle d’un homme faible.
Dans le ciel voltigent mille fleurs roses et blanches, semblables à des flocons de neige.
- Mais je suis faible, je suis un vieillard.
L’enfant le dévisage, puis fait la moue.
- Tu es un peu fripé, c’est vrai, mais je sais que tu es fort, là.
Il pointe un doigt vers la tête du vieillard.
- Je le suis, en effet, c’est pourquoi je pars sans regret.
- Emmène-moi avec toi, dit l’enfant, chagriné.
- Ce voyage est le mien, pas le tien.
- Je ne te gênerai pas, je te le promets.
Le vieillard s’arrête, soudain fatigué. La brise soulève une mèche de ses cheveux blancs.
- Là où je vais, un enfant de ton âge ne devrait jamais aller…
- C’est donc loin ?
- Assez pour que tu ne me suives pas.
Les larmes se mettent à couler sur les joues de l’enfant.
- Je dois partir à présent. On m’attend, dit le vieillard en tournant la tête vers un cerisier en fleurs.
- Où ça ? Je ne vois personne.
- Pourtant ils sont là. Ils sont venus me chercher, ceux qui, comme moi, partent pour une autre vie.
- Un jour, je ferai aussi ce voyage et je te rejoindrai.
- Je le sais bien, répond le vieillard en souriant. Mais ne sois pas trop pressé.
- Tu m’attendras ?
- N’aie crainte, je t’attendrai. Ce voyage est le dernier.
- Tu vas me manquer, dit l’enfant, les yeux mouillés de larmes.
- Toi aussi. Mais ne pleure pas. C’est une nouvelle vie qui m’attend, en un autre lieu…
Le vieillard s’éloigne. Son visage est paisible. Il a déjà presque disparu.
A travers ses larmes, l’enfant sourit. Il le sait, son grand-père est parti pour un monde plus joli.

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